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L’armée du surf 2. L’armée du surf tourne le dos à l’avenir PDF Stampa E-mail
Sociologia
Scritto da Internazionale surfista   
Venerdì 30 Agosto 2013 08:12

Traduzione di Annie e Walter Gamet

 

« Une république fondée sur le chantage »

 

Il semble que les étudiants soient, par nature, portés au gaspillage. Ils gaspillent le temps en tâches inutiles, les sous pour acheter des produits de mauvaise qualité, ils risquent de gaspiller leur vie à la recherche d’une sensation forte. Ils n’ont pas encore appris à affronter le réel, les choses sérieuses, et ils se dispersent dans une myriade d’activités sans issue. L’étudiant « fuori-corso »1 est l’emblème du gaspillage, au point d’être désigné comme l’ennemi public numéro un de toutes les réformes de l’université. Le « fuori-corso » est la version scolaire du gaspilleur et du parasite, celui qui attend pour rien, qui ne se presse pas, qui n’est pas dans les temps, qui rate les occasions et les fait rater au système entier. Il est à la charge de la famille et de la société entière. De ce fait, il est non seulement improductif mais encore nuisible, et même son niveau d’improductivité est directement proportionnel à celui de sa nocivité sociale. Il faut leur trouver des occupations, aux étudiants.

Et effectivement, ils en ont. Ils passent d’un boulot à un autre, sans répit, ils n’arrêtent pas de travailler même quand ils sont à la recherche d’un travail, quand ils consomment, quand ils inventent de nouveaux styles. Ils n’ont même plus le moindre espoir de trouver un emploi correspondant à leurs désirs. Du coup, certains voudraient trouver le moyen de leur faire désirer un emploi de merde. Ce n’est pas encore assez de travailler pour presque rien, sans aucune satisfaction ni perspective, sans la garantie minimale que les sous en échange du travail fourni répondent aux besoins, non, il faut encore être content et dire merci.

Face au changement continuel de petits boulots, les jeunes ont répondu avec un certain cynisme - ça vaut aussi pour les moins jeunes, mais ceux-là ne nous intéressent pas - . Ils laissent la place avec naturel et modération, ils prennent ce qu’ils peuvent prendre. Au point que l’abandon continuel est devenu une vraie tragédie pour les gentils patrons qui ne savent plus comment se les attacher (et pourtant, un bon salaire ne serait pas une mauvaise incitation). Tant que la flexibilité signifie la liberté de virer, rien à objecter, mais quand la flexibilité devient la liberté des précaires d’abandonner le travail pour une meilleure opportunité, arrivent les maux de ventre. Et alors, bonjour les menaces voilées et les chantages de toutes sortes.

L’Italie est une république fondée sur le chantage. Ce n’est pas assez de travailler, faut être dans le pétrin jusqu’au cou.

On dit souvent qu’aujourd’hui les étudiants vivent dans l’incertitude du lendemain. Cette dimension fascine, mais le plus souvent elle effraie, on l’intériorise comme problème d’inadéquation, d’incapacité, d’extravagance toute personnelle, bien qu’elle soit désormais assumée comme trait constitutif de l’époque que nous vivons.

La vulgate journalistique répète souvent que cette génération est la première à ne pas connaître d’amélioration du niveau de vie par rapport aux parents ; elle subira non pas une stagnation ou un blocage, mais une dégradation. Et ce n’est certainement pas la faute de la crise. Un processus est arrivé à maturation, un passage est définitivement franchi. Une génération entière est maintenue dans des conditions de pauvreté, elle produit bien plus que ce qu’elle gagne, jusqu’au paradoxe de travailler sans percevoir de salaire.

Sauf que ce sont des pauvres d’un autre type, d’une autre espèce. Ils veulent quand même dépenser et avoir plus que ce qu’on leur accorde. Ils n’acceptent pas le degré infime de satisfaction auquel on les contraint.

Tant qu’il te faut du pain ou une petite soupe chaude, alors on peut être à ton écoute. Mais si tu éprouves le besoin d’écouter de la musique, de lire des livres, d’aller au cinéma ou au théâtre et de t’acheter des vêtements, c’est que tu es victime de la fièvre consumériste, tes désirs ont été colonisés par le marché, tu as trop regardé la télévision, c’est le moment de faire ton examen de conscience. C’est ainsi qu’en dehors de toute revendication que l’opinion publique ne manquerait pas de juger illégitime, on pirate films et disques sur la toile, on glisse dans son sac livres et vêtements. Les systèmes antivol dans les magasins, toujours plus sophistiqués, ne sont évidemment pas que le résultat d’une paranoïa sans motif des commerçants.

La nouveauté, c’est d’être pauvre tout en travaillant. Et même, plus on travaille, plus on est pauvre. Pour un étudiant qui effectue des stages gratuits, le travail est plus un coût qu’un gain. Il faut bien se rendre sur le lieu du stage, il faut bien payer l’essence du vélomoteur ou le ticket de bus, tout comme il faut trouver la combine pour manger le midi et payer le loyer de la chambre.

On ne se trouve pas face à des pauvres qui n’ont pas de sous parce qu’ils n’ont pas de travail, mais face à des travailleurs à part entière qu’on ne rétribue pas ou qu’on gratifie d’un paiement symbolique. « Symbolique ? mais quand le contrôleur me demande mon ticket dans le bus, ça ne marche pas avec une tape sur l’épaule ou un clin d’oeil ».

En Europe au moins, il existe des contreparties pour les étudiants, et aussi des allocations et des facilités de paiement. En Italie, rien de rien. L’État social existe, un peu et de moins en moins, seulement pour les adultes, hommes et blancs (et qui ont occupé un poste fixe dans une grande entreprise). Pour les « jeunes », la seule possibilité est de frapper à la porte des parents dans l’espoir d’y trouver quelqu’un en mesure de les entretenir. Cette histoire des Italiens dans les jupes de leur mère est une blague de très mauvais goût, inventée pour cacher un système fondé sur leur dépendance vis-à-vis de la famille, avec autant de bonne conscience pour l’État que d’allégement de charges pour les entreprises. Ce n’est pas un hasard si, en Italie, la première idée venue à l’esprit d’un garçon comme Pietro Maso a été de tuer ses parents au lieu de dévaliser une banque tout simplement.

De jeunes précaires se sont parfois enhardis jusqu’à demander pour quelle raison ils travaillent gratis ou reçoivent des sommes forfaitaires en échange. Les réponses sont habituellement plus ridicules que la question : « Pour l’instant c’est comme ça, ce n’est qu’une période d’essai, si ça marche, ça changera de musique ». Ou bien : « Pour l’instant c’est comme ça, ce n’est qu’une période de formation, donc toi tu travailles et nous, en échange, on t’enseigne un métier que tu pourras monnayer ». Troisième réponse : « C’est comme ça, tu travailles, mais après, tu pourras mettre notre nom sur ton CV ».

Il faudrait peut-être commencer par dire que le problème n’est pas tant d’avoir un avenir que de supporter le présent, ce présent-ci. L’avenir existe, et comment ! Au point d’être embarrassant. Il est même devenu la monnaie d’échange, fausse de surcroît, du travail d’aujourd’hui. C’est le prétexte qu’on s’est inventé pour te rouler présentement. Plus on te promet d’avenir, plus on te vole dans l’immédiat. L’avenir est une escroquerie aux dépens de celui qui l’a devant soi.

Toujours se méfier de celui qui dit « bâtis-toi un avenir » : l’avenir en question, ce n’est jamais le tien, c’est toujours celui d’un autre. Ou celui de ton grand-père et de ton père, ou celui dont rêvent la nuit les managers des entreprises. Mieux vaut se concentrer sur le présent, sans perdre davantage de temps.

Si on travaille pour quelqu’un, si on contribue à la richesse, il faut alors poser aussi la question de la rétribution, sans trop de parlotes. D’abord payer, ensuite parler. Mais qui doit payer ? En premier lieu, ceux qui jusqu’à maintenant ne l’ont jamais fait, vivant de rentes sur le dos des autres. Et si c’était aux « autres » d’exiger une rente ? C’est sûr, ils en auraient plus le droit.

D’ailleurs, à quoi servent les chefaillons d’entreprise ? Ils se montrent presque toujours plus incapables et moins intelligents que leurs salariés. Sans le soutien du groupe, ils ne sauraient même pas se faire cuire un plat de pâtes. Ils vivent à la charge de la collectivité. Quand ils réalisent des profits, ils se les gardent, les pertes qu’ils subissent passent à la charge de l’État. Ceux qui restent dans les jupes de maman, c’est eux en vérité. Ils disent qu’ils prennent des risques sur les marchés, mais ils oublient d’admettre qu’ils le font sur le dos des autres. Ils n’ont ni décence ni sens des limites. Ils rongent jusqu’à l’os. L’Italie est une république fondée sur les promesses. Il suffirait que l’on cesse de donner son temps pour zéro centime et qu’on se mette à exiger son dû, pour que le système entier s’écroule.

 

Le surf est le sport des étudiants, des précaires, des « jeunes » qui tirent leurs capacités d’analyse rationnelle des qualités mentales du surfeur. Je reste dans l’eau en attente d’une occasion, d’un courant qui passe et qui forme la vague. Je calcule les temps, le rythme de l’ondoiement. J’attends juste le moment où la masse d’eau se plie et se rompt. À cet instant, je monte sur la vague et je m’y tiens le temps qui me convient, le temps qu’elle tient. Je fais le tube et l’abandonne sans trop de regrets. Il y en aura d’autres, je te jure.

Puis tu découvres que des surfeurs, il y en a beaucoup d’autres, tous dans l’eau à pratiquer le même sport. Et si au lieu de l’attendre, la vague, nous la faisions nous-mêmes, avec notre mouvement ? « Faire la vague », voilà à quoi sert une armée de surfeurs. Qui sait si les vagues ne deviendront pas marée...

 

1. « Fuori-corso » : type d’étudiant qui prend du retard pour l’obtention de ses diplômes universitaires, pratique devenue courante en Italie. En effet, l’organisation des études permet aux étudiants non satisfaits de leurs résultats de repasser les modules autant de fois qu’ils le souhaitent avant de valider l’examen.


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