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Programma aggiornato di marzo e ordine del giorno della prossima assemblea
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"La signora dello zoo di Varsavia" al cineforum dell'Università Popolare
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Programma gennaio 2019
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Stagione teatrale a Lecce
In allegato il programma della stagione teatrale del Comune di Lecce (teatri... Leggi tutto...
Stagione teatrale a Cavallino
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Finalmente online!
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Home I mille racconti I mille racconti Quaderno di traduzione 28. Jeux d'enfants (extraits)
Quaderno di traduzione 28. Jeux d'enfants (extraits) PDF Stampa E-mail
I mille racconti
Scritto da Gianluca Virgilio   
Giovedì 22 Maggio 2014 09:45

Traduzione di Annie e Walter Gamet


« Il n'y a peut-être pas de jours de notre enfance que nous ayons si pleinement vécus que ceux que nous avons cru laisser sans les vivre, ceux que nous avons passés avec un livre préféré ».

Marcel Proust, Journées de lecture. 1905

 

Alité avec de la fièvre

Dans mon enfance, je jouissais d'une excellente santé. Et pourtant, au moins une fois par an, la grippe ou quelque autre indisposition me contraignait à garder la chambre pendant une semaine. La fièvre, quand elle était forte, allait jusqu'à m'empêcher de lire. Mon père me rapportait tout de même des livres de la bibliothèque de son école pour le moment de ma convalescence : Vingt mille lieues sous les mers, De la terre à la Lune, Voyage autour du monde en quatre-vingts jours, L'Île mystérieuse de Jules Verne ; et puis les romans d'Emilio Salgari, Les Tigres de Mompracem, Le Corsaire noir, Les Pirates de la Malaisie, Sandokan à la rescousse ; ces romans, tout en n'ayant pas encore remplacé les bandes dessinées qui restaient mes lectures préférées, avaient le pouvoir de me projeter dans le monde de l'aventure et du fantastique et me tenaient compagnie les jours où je ne pouvais pas sortir. En plein hiver, la fièvre avait pour effet d'empêcher de jouer aux abords de la maison l'après-midi quand la nuit tombait très tôt et que les deux heures libres d'après déjeuner semblaient passer en un clin d'oeil, avant, comme je l'ai dit, qu'on ne retourne à la maison faire ses devoirs. Avec la fièvre, je ne pouvais pas jouer, mais, en échange, j'étais exempté des devoirs. Alité dans ma chambre, j'entendais les autres garçons jouer dans la rue comme chaque jour à cache-cache, aux billes, à la marelle, au football, à échanger des vignettes de joueurs et j'imaginais leurs gestes dans ces différents jeux auxquels nous avions l'habitude de nous livrer. Avec mes camarades d'école aussi, les relations étaient interrompues pour au moins une semaine. Avoir la fièvre, c'était ne pas aller en classe, donc rompre avec le train-train quotidien pénible et décevant, échapper aux tâches scolaires qui surchargent la journée, empêchent de respirer et privent de liberté. Je pensais à la jeune fille qui, ignorant probablement tout de moi, était loin d'imaginer qu'elle était pour moi le symbole de l'amour impossible, ou plutôt la personnification de tout ce qui m'était inconnu, de tout ce vers quoi, dans un grand émoi, me poussait mon désir d'élève de treize ans.

Mon père disait qu'il s'agissait à n'en pas douter d'une fièvre de croissance et qu'une fois guéri, je me retrouverais plus grand. Je lui demandais de s'asseoir à mon chevet et de me tenir compagnie quelques instants. Ce fut dans ces circonstances qu'il me lut, la première fois de sa propre initiative, ensuite à ma demande, l'épisode de la folie de Roland extrait du Roland furieux de l'Arioste. Combien je regrettais pour ce prince si valeureux qu'Angélique ne l'aimât point, lui préférant Médor, un soldat qui ne lui avait jamais prêté attention et aurait fort bien pu vivre sans elle ! Je me rappelle aussi la lecture d'un  passage d'une autre oeuvre, la découverte de la mer par le héros des Confessions d'un Italien d'Ippolito Nievo : la mer, infinie et mystérieuse, évoquée dans ma chambre tandis que je gardais les yeux fermés en tenant la main de mon père qui lisait à voix basse et cherchait à me consoler de l'impossibilité d'aller jouer dehors avec les autres garçons !

 

 

Visite du docteur

Quand les frissons de la fièvre commençaient à se manifester et que j'étais contraint de rester alité, mon père téléphonait au docteur et, en l'attendant, ma mère s'affairait au rangement de la chambre d'où disparaissaient chaussures et vêtements hors d'usage et tout ce qui jusque là n'avait pas trouvé de place attitrée ; puis elle remettait en ordre toute la maison pour recevoir de la meilleure façon le docteur qui allait venir me voir. Le rangement de la table de nuit était l'objet des plus grands soins et revêtait le caractère rituel de la préparation d'un autel avant une messe. Ma mère en enlevait tout ce qui n'était pas d'usage médical, nettoyait la table de nuit et y mettait un linge blanc, un napperon sur lequel elle posait un thermomètre, un verre d'eau couvert d'une petite serviette ou d'un mouchoir, un citron dont, pour me rétablir, il me faudrait renifler de temps en temps le zeste gratté, une bouteille d'alcool à 90°, un paquet d'ouate, une cuiller et un essuie-mains de lin blanc, tous ces objets alignés comme des soldats sur un champ de bataille, prêts à faire mouvement pour défendre le fils-malade dès que le général-docteur viendrait prendre le commandement des troupes. Pour pouvoir recevoir la visite du docteur, il fallait que tout soit à sa place. Après le diagnostic et la prescription médicale, s'ajoutaient sur la table de nuit les médicaments à prendre suivant un horaire que mon père mesurait avec une précision chronométrique, raison pour laquelle ma mère tolérait aussi la présence d'une horloge sur la table de nuit. Je posais les livres sur une chaise, créant, selon sa façon de voir, un certain désordre dans la chambre.

Arrivait le docteur ; il me faisait tirer la langue sur laquelle il appuyait avec une cuiller qu'il trouvait prête sur la table de nuit, il examinait mes amygdales en les éclairant avec une torche électrique que, l'air assuré, il avait sortie de sa trousse, il m'auscultait la poitrine et le dos, tâtant et tapotant mon ventre du bout des doigts d'une seule main ; puis ma mère accompagnait le docteur dans la salle de bain où il se lavait les mains, trouvant aussitôt la serviette toute propre qu'elle lui tendait au bon moment. Enfin il prononçait sa sentence : amygdalite, trachéite, bronchite, laryngite, gastro-entérite etc. Ces noms en -ite lui donnaient bien quelques soucis, mais les antibiotiques étaient la solution à tout, il n'y avait donc pas lieu de s'inquiéter, on n'était plus dans les années d'avant-guerre quand on ne les connaissait pas et qu'on mourait des complications d'une simple grippe ! Avant de s'en aller, le docteur faisait un brin de causette avec mon père : étant du même âge, ils avaient forcément des choses à se dire. Dès qu'il était parti, ma mère se rendait en toute hâte à la pharmacie pour acheter les médicaments prescrits. Quel supplice ces piqûres de pénicilline auxquelles il fallait pourtant se résigner quand la fièvre était très forte ! L'infirmière, c'était ma mère. Elle me consolait de la douleur qu'elle m'infligeait avec l'aiguille – douleur plus imaginaire et crainte que réelle –, en restant avec moi longtemps, assise à mon chevet, me tenant la main, tandis que moi, les yeux fermés, en proie au délire, je proférais des paroles incohérentes. Elle humectait un mouchoir qu'elle étalait sur mon front brûlant, le retournant d'un côté et de l'autre toutes les cinq minutes pour me procurer un peu de fraîcheur.

L'absorption des premiers médicaments faisait baisser ma température en quelques heures avec de grandes suées. Le lit était tout trempé. Pour m'encourager, mon père répétait que la transpiration libère de la maladie et fait grandir. Au plus fort de la sudation, ma mère m'aidait à me changer : sous-vêtements, pyjama, draps, taie d'oreiller, le tout fraîchement lavé ! J'éprouvais sur la peau une sensation de régénération qui me procurait beaucoup de plaisir. C'était le signe que j'avais surmonté le moment le plus difficile de la maladie et que je m'acheminais lentement vers la guérison.


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