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Programma aggiornato di marzo e ordine del giorno della prossima assemblea
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"La signora dello zoo di Varsavia" al cineforum dell'Università Popolare
La scelta di riservare il primo lunedì di ogni mese al nostro cineforum ci permette di cominciare il 2019 con La signora dello zoo di Varsavia: la scelta di Roberta Lisi, alla quale dobbiamo il... Leggi tutto...
Programma gennaio 2019
Dopo le festività natalizie, le attività dell'Università Popolare riprenderanno lunedì 7 gennaio, col consueto appuntamento col cineforum curato da Roberta Lisi, come sempre programmato per il... Leggi tutto...
Stagione teatrale a Lecce
In allegato il programma della stagione teatrale del Comune di Lecce (teatri... Leggi tutto...
Stagione teatrale a Cavallino
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Finalmente online!
1° Settembre 2010 nasce il sito dell' "Università Popolare Aldo Vallone... Leggi tutto...
Home I mille racconti I mille racconti Quaderno di traduzione 30. Vacances à Leuca (extrait)
Quaderno di traduzione 30. Vacances à Leuca (extrait) PDF Stampa E-mail
I mille racconti
Scritto da Gianluca Virgilio   
Giovedì 19 Giugno 2014 15:59

Traduzione di Annie e Walter Gamet

 

Nouvelles amitiés

– Qu'est-ce que t'as pris ?

J'étais assis sur le ponton depuis une heure déjà, tournant le dos au soleil matinal qui s'élevait derrière le sanctuaire de la Madone de Leuca, quand me parvinrent ces mots inattendus car, bien qu'à Leuca depuis trois jours, je n'avais pas encore noué de nouvelles amitiés. C'est alors que je fus fier d'avoir pêché un minuscule petit poisson que j'aurais mieux fait de laisser vivre dans son élément au lieu de l'exhiber encore agonisant devant le garçon à la peau brune qui s'était approché de moi, attiré par la proie. Je la lui montrai comme s'il s'agissait d'un mérou de dix kilos, alors que ce n'était qu'une blennie, une « baveuse » de vingt grammes à peine et  de dix centimètres de long. Mais ce qui fut également surprenant, c'est l'effet que fit sur ce garçon le petit poisson que j'avais miraculeusement pêché et qui laissait dans la main, quand on le touchait, une bave répugnante, d'où son nom. Il s'informa sur le type de ligne, d'hameçon, de plomb et de flotteur que j'utilisais et sur l'appât que j'avais préparé pour obtenir cet excellent résultat. Il loua aussi ma canne que j'avais taillée la veille dans un roseau – laquelle se révélait assez pesante pour mon bras peu entraîné ; ce n'est qu'à la fin du mois que, séchée au soleil, elle pourrait perdre la moitié de son poids, justement quand elle ne me servirait plus parce que ce serait le moment du retour à Galatina –, alors que lui avait une canne achetée dans un magasin, avec un moulinet s'il vous plaît, qui ne devait pas être très efficace vu qu'il n'avait pas pris un seul poisson. Ce jour-là, nous continuâmes à pêcher ensemble, nous ne prîmes rien, mais en contrepartie, nous devînmes amis.

Antonio – c'était son prénom – me présenta Gigi, son cousin, qui vivait à Vimodrone et parlait avec l'accent milanais. Ils passaient leurs vacances ensemble à Leuca, dans la même maison, non loin de la mienne, avec leur famille respective. L'après-midi, après la sieste durant laquelle il était interdit de quitter la maison, j'allais les retrouver et c'est ainsi que je découvris qu'il était possible de passer des heures étendu sur un lit, à lire des livres sans se lasser. Jusqu'alors, je n'avais quasiment lu que des bandes dessinées, mais Gigi, lui, lisait vraiment des livres, des livres de grands, et quand on l'interrogeait, il était capable d'en reformuler le contenu dans un langage pour moi si difficile à comprendre, et pourtant si fascinant, que j'en restais bouche bée et n'avais plus qu'à regretter ma profonde ignorance.

Avoir ou être de Fromm, L'Anti-Œdipe de Deleuze et Guattari, L'Homme unidimentionnel de Marcuse, ces auteurs et ces titres m'étaient absolument inconnus, ils évoquaient des idées et des situations qui devaient assurément me concerner, mais dont, uniquement par ma faute,  j'étais jusqu'alors resté exclu. Nino m'avait recommandé la lecture de Zagor, Diabolik, Le Commandant Mark, Tex, mais il ne m'avait pas révélé qu'il existait des livres sans dessins de héros sur fond de paysages pour moi insolites et dans lesquels se perdait mon imagination lors des après-midi passés dans ma chambre, des livres composés seulement de mots qui allaient me permettre d'accéder à des idées qui autrement ne me seraient jamais venues à l'esprit et qu'un jour je pourrais confronter à celles de mes semblables. On peut cueillir la fleur d'une plante, me disait Gigi, ou bien se borner à la regarder, tout au plus en jouissant de son parfum, c'est en cela que consiste la différence entre être et avoir ; il me racontait le mythe d' Œdipe, il m'expliquait aussi que dans cette société capitaliste – et moi, je n'avais pas le courage de lui demander ce que signifiait exactement cet adjectif, dont j'avais une idée très vague – nous risquions d'être tous identiques comme toutes les machines construites en série, à une dimension précisément ; et ce disant, il m'ouvrait des horizons différents de ceux auxquels j'étais habitué, quand je lisais les plongeons de l'oncle Paperone dans la piscine pleine de pièces d'or et de joyaux scintillants ou les poursuites malheureuses de Ginko, ou bien les enquêtes de Cico et Zagor et des autres justiciers de la bande dessinée italienne. Au fond, cette immobilité dans laquelle Gigi s'appropriait les idées qu'il me communiquait n'était après tout pas si différente de l'immobilité dans laquelle je faisais quotidiennement grande consommation d'illustrés que j'échangeais ensuite avec Nino, dans les derniers temps sans en éprouver aucun bénéfice, mais plutôt une sensation de satiété et de nausée. C'est alors qu'en confrontant mes lectures avec celles de Gigi, je commençai à percevoir l'aspect répétitif et inconsistant des heures passées à lire les illustrés dont j'avais rempli ma chambre à Galatina et dont j'apportais  un large choix à Leuca. Finalement, s'il fallait, comme me le répétait depuis longtemps mon père – il acceptait comme un moindre mal la lecture des bandes dessinées et me les achetait, car selon lui, tôt ou tard, par une évolution naturelle de ma formation intellectuelle, j'allais forcément passer à des lectures plus difficiles –, s'il fallait vraiment sacrifier à la lecture les heures qu'il était agréable de passer dehors en divertissements insouciants, comme construire un radeau, un conzu1 pour pêcher ou monter une voile sur le canot, qu'au moins ce sacrifice – l'immobilité du corps étendu sur le lit en représentait la figure mortuaire – fût compensé par un bénéfice intellectuel qui me serait utile dans l'avenir et m'éviterait de passer pour un ignorant aux yeux de Gigi. J'allais me mesurer à toutes sortes de livres, même écrits dans un langage qui me semblait alors abscons et incompréhensible, et à la longue je comprendrais moi aussi ce que la main des écrivains y a déposé et je pourrais y accéder, comme à un bien dont je ne voulais plus rester exclu.

 

Ainsi, sans le savoir, donc à mes risques et périls, je me disposais à entrer dans le monde hasardeux des livres, qui, créé par les hommes, contient toutes les erreurs humaines et dont à la fin je ne pourrais sortir sain et sauf qu'à la condition de cesser de lire dans le seul but que je m'étais fixé – celui d'être en mesure de parler avec Gigi d'égal à égal – et finalement en abandonnant cette posture mortuaire qui m'avait tellement frappé chez  lui lors des après-midi d'août, quand j'allais le chercher et le trouvais allongé sur le lit, dans l'entrée de la maison, immobile comme le Christ de Mantegna. J'allais me punir pour mon ignorance en me contraignant à l'immobilité pendant des années, comme pour purger la peine que je m'étais infligée à moi-même dans un fol esprit d'émulation. Pourtant déjà à cette époque j'entrevoyais le remède : je devais écrire pour raconter ce qui m'arriverait ; et plus d'une fois je m'apprêtai à le faire, prenant le papier et la plume et cherchant à écrire, mais je m'apercevais bien vite que je n'en étais pas capable, parce que la proximité des événements me rendait comme les épicuriens de l'Enfer de Dante face aux réalités présentes, absolument ignorant. Pour pouvoir écrire, il m'aurait fallu disposer d'un matériau suffisant que le présent ne pouvait me donner, sinon sous forme de circonstances immédiates dont généralement je ne parvenais pas à saisir le sens complet et que souvent j'interprétais mal, il en subsistait quelques phrases sans intérêt dans les pages du journal intime que je tenais épisodiquement sur le conseil de mon père, en guise de devoir de vacances. En réalité, je ne disposais d'aucun passé, comme cela est naturel chez un garçon de quatorze, quinze ans, sinon de celui que j'avais commencé à reconstituer à partir des livres d'histoire ou en regardant les villas de Leuca qui me renvoyaient à un âge précédant mon existence, auquel mon père conférait volontiers une dimension mythique, me parlant parfois des riches demeures de villégiature et des personnes qui les avaient habitées : des dames à grands chapeaux accompagnées du page portant l'ombrelle et des messieurs avec des cannes à pommeau d'or ; Gigi me déconcertait quand je lui rapportais cela et que je l'entendais dire qu'il s'agissait de quelques familles de propriétaires fonciers, d'exploiteurs, d'affameurs de paysans auxquels ils imposaient des rythmes, des horaires de travail et des payes dignes du Tiers-Monde.

En attendant, je pris la résolution qu'une fois de retour à la maison, je vendrais pour quelques lires tous mes illustrés à un marchand de journaux de Galatina, lu Benitu, qui les revendrait à moitié prix, et qu'avec cet argent je me rendrais à la librairie Athena pour acheter des livres – je ne sais plus lesquels – les premiers livres de ma vie.

 

Note :

 

1- Le conzu est un instrument de pêche. Il consiste en un petit radeau muni d'une voile qui peut, retenu à un long fil de nylon, aller jusqu'à cent mètres de la rive. À ce long fil sont accrochés de nombreux hameçons. Il suffit au pêcheur de tirer à soi le conzu pour « récolter » le poisson.


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