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Un monde de salauds et de cons. PDF Stampa E-mail
Prosa
Scritto da Annie e Walter Gamet   
Lunedì 12 Gennaio 2015 14:37

« Les gens exigent la liberté d'expression pour compenser la liberté de penser qu'ils préfèrent éviter. » (Søren Kierkegaard)

« Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre, et finit par perdre les deux. » (Benjamin Franklin)

 

 

Ce pourrait être un titre à la Charlie Hebdo dans ses meilleurs moments, mais nous ne sommes pas Charlie.

Alors qui sont-ils ceux qui, depuis la tuerie de mercredi dernier arborent leur badge « je suis Charlie » et l'ont exhibé ce dimanche dans la rue, par millions affirme toute la presse ainsi que le ministère de l'Intérieur, sans mégoter comme il a coutume de le faire à chaque manifestation syndicale sur le nombre des participants ? Ne parlons pas des familles, des amis ou des proches de l'équipe assassinée qui dans leur extrême douleur ont peut-être pensé trouver un réconfort dans un tel élan de solidarité. Peut-être même ont-ils préféré donner libre cours à leur chagrin loin du tapage médiatique. Seraient-ce donc les lecteurs réguliers ou occasionnels de Charlie Hebdo, ses fidèles  sympathisants devenus trop rares puisque le journal était au bord de la faillite ? Non, le gros des troupes ne lisait pas Charlie Hebdo, ce que nous avons vu, c'est une énorme masse à la fois généreuse et crédule, toujours prête sous le coup de l'émotion à abandonner toute capacité d'analyse pour peu que la caisse de résonance médiatique fonctionne à plein régime. Certes, après les assassinats au siège d'un journal, les autres crimes contre la police et contre des Juifs qui en d'autres temps auraient fait les choux gras de la presse, furent traités avec une relative discrétion. Il faut pourtant reconnaître qu'en ces terribles circonstances, tous les médias œuvrèrent comme il convient, en accord avec le pouvoir.

Nous n'avons pas marché hier après-midi. Et même nous enrageons qu'une fois encore l'émotion soit récupérée avec un tel cynisme par ceux qui détiennent le pouvoir. Nous enrageons de voir les plus honnêtes et les plus capables de nos concitoyens céder si vite à cette manipulation, sans même tenter d'éclairer la lanterne des plus démunis. Non, ces monstrueux assassinats ne sont pas  l'œuvre de « fous » embrigadés par on ne sait quel lointain régime islamique, ils sont bel et bien les symptômes d'un système économique bien de chez nous toujours plus inégalitaire, un système social discriminant, bref une démocratie en ruine. Toute une partie de la jeunesse, en première ligne les enfants d'immigrés, est aujourd'hui abandonnée, sans perspective, reléguée dans des quartiers défavorisés face au spectacle du monde toujours plus efficace pour la broyer, sans parler de l'insupportable conflit israëlo-palestinien qui perdure. Quant à l'islamisme qui serait la cause de tout, n'oublions pas qu'il a reçu ses premières armes des États-Unis quand cela les arrangeait et qu'en France même, pour pacifier les quartiers, l'État compte hypocritement sur des imams qui ne maîtrisent pas toujours le français et sont très peu contrôlés. L'heure est grave, comme après le 11 septembre répètent à l'envi tous les chroniqueurs, il faut réaliser l'union sacrée : l'Occident se doit de réaffirmer face à la barbarie islamique nos valeurs civilisatrices, liberté, égalité, fraternité. Eh bien non ! On ne nous verra pas porter ce badge ridicule « je suis Charlie » pour affirmer un consensus sur le tout sécuritaire, une adhésion aveugle à Hollande auto-promu garant de l'unité nationale républicaine, avec le soutien des valeureux chefs d'État d'Europe, du Proche-Orient et d'Afrique, dont certains bafouent ouvertement les Droits de l'Homme, et qui tous sont plus soucieux des intérêts financiers d'une caste supranationale que du bien-être de leurs peuples. Pour finir, à quoi bon manifester pour notre liberté de la presse si l'on omet de dénoncer la confiscation de la plupart des grands titres par les affairistes milliardaires dont certains sont des marchands d'armes.

C'est avec une grande tristesse que nous faisons le constat que tout ce tintamarre politico-médiatique s'apparente à une vraie trahison des idéaux humanistes, ceux que l'équipe de Charlie Hebdo a eu à cœur de faire valoir durant de nombreuses années. Nous aimions, comme beaucoup, sa ligne éditoriale sans concessions aux puissances de l'argent, aux obscurantismes de toutes natures, nous nous réjouissions souvent de son insolence provocatrice propre à réveiller les consciences. Mais comme beaucoup, nous avons cessé de soutenir le journal il y a une dizaine d'années parce qu'il lui est arrivé trop souvent à notre gré de préférer un bon mot à une bonne idée et pour sa fâcheuse tendance à se laisser récupérer par le discours dominant, ses cadres allant même vendre leur âme contre des postes bien en vue.

Le grand show médiatique de ce dimanche a été parfait. Il a le mérite de dispenser de réfléchir, ce que n'aurait pas manqué de stigmatiser le Charlie Hebdo des grandes années. Cette grand-messe, un deuil à l'américaine, ne saurait pourtant dédouaner personne de ses responsabilités dans cette catastrophe, et surtout pas les politiques de tous bords qui se sont succédé au pouvoir depuis des décennies. Il est indispensable de s'attaquer aux racines du mal. En avons-nous la volonté ? En est-il encore temps ?


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