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Si ricomincia...
Dopo la pausa estiva, interrotta dall'Open Day che come sempre ci ha permesso di incontrarci e presentare le nostre attività ad amici e soci vecchi e nuovi, il nostro anno accademico 2019-20 ha... Leggi tutto...
Programma aggiornato di marzo e ordine del giorno della prossima assemblea
A causa dell'assenza di soci e membri del Consiglio Direttivo nella data precedentemente indicata, l'Assemblea dei soci programmata per il 1° marzo è stata rimandata a giovedì 7 marzo alle ore 18,... Leggi tutto...
"La signora dello zoo di Varsavia" al cineforum dell'Università Popolare
La scelta di riservare il primo lunedì di ogni mese al nostro cineforum ci permette di cominciare il 2019 con La signora dello zoo di Varsavia: la scelta di Roberta Lisi, alla quale dobbiamo il... Leggi tutto...
Programma gennaio 2019
Dopo le festività natalizie, le attività dell'Università Popolare riprenderanno lunedì 7 gennaio, col consueto appuntamento col cineforum curato da Roberta Lisi, come sempre programmato per il... Leggi tutto...
Stagione teatrale a Lecce
In allegato il programma della stagione teatrale del Comune di Lecce (teatri... Leggi tutto...
Stagione teatrale a Cavallino
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Finalmente online!
1° Settembre 2010 nasce il sito dell' "Università Popolare Aldo Vallone... Leggi tutto...
Marangella PDF Stampa E-mail
I mille racconti
Scritto da Antonio Prete   
Lunedì 06 Luglio 2015 06:18

Traduzione di Annie e Walter Gamet

 

À Gianluca Virgilio,

en marge de ses récits d'enfance,

ces bribes de passé

qui oscillent au vent de la mémoire.


Marangella pouvait dériver de marangia, l'orange amère. Mais sur la terre de mon grand-père appelée Marangella, je n'ai pas de souvenir d'agrumes, en revanche ceux-ci fleurissaient dans le verger sur lequel donnait la cuisine de la maison, au village. Sur le petit terrain de campagne, on trouvait plutôt des figuiers de Barbarie, des figuiers et des amandiers, quelques rangs de vigne, de nombreux buissons hérissés de ronces et des myrtes qui recouvraient les murets de pierres sèches. En guise de refuge pour la nuit et pour la sieste, pas de furnieddhu, mais un abri de tuf adossé à la citerne : sur son crépi écaillé, mes oncles, tout juste revenus de la guerre, avaient peint un grand verre de vin pétillant avec l'inscription À la santé des estivants. C'était à peu de distance de la route asphaltée et arborée en direction de Gallipoli et tout proche du terrain d'aviation de Galatina. Aux alentours, des fermes aux murs élevés, parfois pourvues de tours, avec de profondes arcades aux entrées, à l'ombre des pins et des grands eucalyptus. Dans une lumière à aveugler le monde entier, je revois mon grand-père 'Ntunucciu en train de me tendre une figue déjà toute pelée et Ali le chien de chasse au pelage noir avec une tache blanche sur le poitrail, me suivre des yeux dans chacun de mes mouvements ; enveloppant toute chose, impétueux et puissant, éclate le chœur des cigales. Ou bien, dans la profondeur du soir, nous sommes sur le point de traverser, peut-être l'avons-nous déjà fait, la route dite nationale, j'ai la main dans celle de mon grand-père, nous nous dirigeons vers une ferme voisine : c'est une nuit sans lune, là-haut les étoiles émettent une clarté, c'est même un immense scintillement de lumières, je lève les yeux vers le ciel, mon grand-père ne me parle pas des étoiles mais il marche en silence, un silence qui m'amène à regarder les étoiles et peut-être est-ce au sein de ce silence que naît encore informe, fluctuante, une première interrogation sur le monde, du moins c'est ce que je pense maintenant, parce qu'en scrutant le ciel nocturne et l'insondable géométrie des constellations, il m'est bien souvent arrivé de penser aux silences de ma mère les soirs d'été, quand prenaient fin les histoires qu'elle contait, des silences que je confrontais avec ceux de mon grand-père. Je me revois encore lors d'un de ces cheminements nocturnes vers les murs d'une ferme : nous longeons une vigne, mon grand-père cueille une grappe de raisin, ensemble nous la mangeons dans l'obscurité, tandis qu'on entend le bruit de nos pas.

 

Une ferme, peut-être celle de San Marco ou celle qu'on appelle Tramacere, avant que ne tombe le soir. C'est la fête, on prépare la course en sac. Nous sommes à l'extérieur des hauts murs, mais le départ a peut-être lieu dans la cour, je revois un groupe d'hommes fort comiques, le bord du sac serré autour de la taille, ils agitent leurs mains libres et j'entends encore le vacarme des gens tout autour, les encouragements, le cri de victoire du vainqueur tandis qu'il commence à faire nuit. Je ne sais si c'est dans le même lieu, il fait déjà noir, autour d'une grande table les hauts lampadaires à pétrole, des voix d'hommes qui boivent et des femmes qui servent des plats fumants. Je sais que cette image avec ses détails, je l'ai toujours située dans la cour d'une des fermes où j'allais en compagnie de mon grand-père, ami de tous les fermiers des environs. À un certain moment, mon grand-père répond à des toasts, il lance de nouvelles phrases en levant son verre, il récite quelque chose. Cette scène est liée à une autre image : c'est l'après-midi, nous sommes à Marangella, à l'ombre d'un arbre, mon grand-père s'applique à répéter des mots à haute voix. En y repensant, je me le représente même parfois en train d'écrire au crayon de temps à autre sur une petite feuille, je ne sais si ce souvenir fait partie de la même scène, mais il est sûr qu'à un certain moment mon grand-père m'appelle et me fait écouter le poème composé en dialecte, il me répète les vers pour me permettre de les fixer dans ma mémoire et les dire, peut-être après lui, autour de la grande table dressée le soir dans la ferme. Ou bien, et ici les lieux du souvenir se déplacent de la campagne au village et de l'été à l'hiver, ces sunetti, je dois les réciter devant une crèche, tourné vers la mamminieddhu.

Pendant quelques années, à l'adolescence encore, j'avais en mémoire les poèmes en dialecte de mon grand-père ; quant à d'autres récits venant de la famille, j'avais reporté sur un petit cahier à carreaux, à la couverture noire bordée de rouge, les histoires en vers et les comptines que ma grand-mère me répétait. Je me souviens de m'être adressé à elle à un certain moment, sur les conseils de ma mère, pour moi la première conteuse assidue de ces histoires, comme à la source la plus sûre pour la véracité de certains passages, pour l'intégrité de certains vers. J'ai très vite perdu ce cahier et le son de la voix de ma grand-mère s'est effacé de ma mémoire, peut-être parce que la façon de raconter de ma mère, ses intonations, son timbre de voix avaient pris une place prépondérante, inoubliable, peut-être parce que les rencontres, disons anthropologiques, avec ma grand-mère étaient survenues à une époque déjà pleine de rêveries adolescentes et de lectures. Mais lorsqu'il y a quelques années, écrivant L'Imperfection de la lune, j'ai inséré la prière que les enfants adressaient à San Giovanni dans l'imminence d'un orage : azate, san Giuanni, e no ddurmire..., c'est le visage de ma grand-mère et ses gestes qui me sont venus à l'esprit, alors que le ton avec lequel j'entendais prononcer les mots, ainsi que le rythme étaient ceux de ma mère.

 

À Marangella, il y avait, à côté de ce seul petit abri de tuf, un coin avec des dalles de pierre vive posées sur des blocs de tuf : il tenait lieu de fourneau en certaines occasions. Et je me rappelle deux objets, l'un, l'ursulu, le pichet pour le vin, que je vois à l'intérieur d'une pièce et à l'ombre, posé sur une espèce de console, l'autre, lu mmile, l'amphore qui permet de garder l'eau fraîche, que je vois certes à l'ombre, mais dehors, sur une grosse pierre, néanmoins à l'écart des buissons où se glissent les lézards, bondissent les sauterelles et voltigent les papillons. Le matin, juste au point du jour, mon grand-père me montrait comment peler les figues de Barbarie. Cette saveur à la fois fraîche et douce, le brillant du fruit pelé qui pouvait être sanguin, ou d'un jaune intense, ou d'un vert très clair, le fondant de la chair au moment où, dans la bouche, elle se libérait des graines qui, elles aussi, avaient leur propre douceur sauvage, l'idée que ce fruit naissait sur les très vertes « raquettes » de la plante, à la fois dures et aqueuses, avec lesquelles nous les enfants, faisions des charrettes, des roues, des étoiles, et que la peau en fût désagréablement épineuse, tout cela donnait peut-être à la saveur un supplément de goût, une sorte de profondeur. À Marangella, je ne me souviens pas de joyeuses soirées familiales, qui cependant ont dû avoir lieu, quelquefois, je ne revois que deux êtres, mon grand-père et son chien Ali, pendant que s'écoulent les heures du jour sans le moindre ennui car chaque détail, plante, oiseau, insecte, ombre, passage de nuage, par sa forte présence, retient ma vue, mes sens, et le long silence lui-même est traversé de pensées et de distractions qui me tiennent compagnie. Dans un coin, appuyée contre un muret, il y a toute noire, la bicyclette de mon grand-père, sa musette accrochée au cadre, les rayons luisant au soleil de midi. C'est la bicyclette d'un paysan qui est aussi garde champêtre, et même commandant des gardes champêtres, donc rompue aux longs trajets sur les sentes et les drailles. Une bicyclette avec laquelle j'ai fait mes premiers essais, mes premières courses, et sur laquelle m'apparaît mon grand-père, le long d'un muret de pierre vive, en train de parler avec un paysan qui, lui, se tient sur un scialabà, le fouet oscillant dans sa main, tandis que le cheval tourne vers moi ses yeux profonds et ombrageux. Tout autour, le chant des cigales. Puis, je me trouve sur le cadre de cette bicyclette, au village, j'accompagne mon grand-père au marché où, d'une montagne de pastèques à même le sol, il se fait donner sans conteste la plus grosse, nous la rapportons à la maison, à pied, en la tenant en équilibre dans un sac posé sur le cadre. Mais c'est à la terre rouge de Marangella que me ramène le plus souvent l'image de la bicyclette, comme si, plus qu'à mon grand-père, elle appartenait avec ses rayons, son guidon, sa chaîne, sa sonnette, au muret contre lequel elle était appuyée de longues heures durant, au chien qui se couchait près de ses roues, aux lézards qui frôlaient ses pneus et s'éloignaient en de soudains mouvements saccadés, aux taches d'ombre qui ponctuaient la selle dans la somnolence des après-midi.

 


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