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Programma aggiornato di marzo e ordine del giorno della prossima assemblea
A causa dell'assenza di soci e membri del Consiglio Direttivo nella data precedentemente indicata, l'Assemblea dei soci programmata per il 1° marzo è stata rimandata a giovedì 7 marzo alle ore 18,... Leggi tutto...
"La signora dello zoo di Varsavia" al cineforum dell'Università Popolare
La scelta di riservare il primo lunedì di ogni mese al nostro cineforum ci permette di cominciare il 2019 con La signora dello zoo di Varsavia: la scelta di Roberta Lisi, alla quale dobbiamo il... Leggi tutto...
Programma gennaio 2019
Dopo le festività natalizie, le attività dell'Università Popolare riprenderanno lunedì 7 gennaio, col consueto appuntamento col cineforum curato da Roberta Lisi, come sempre programmato per il... Leggi tutto...
Stagione teatrale a Lecce
In allegato il programma della stagione teatrale del Comune di Lecce (teatri... Leggi tutto...
Stagione teatrale a Cavallino
  CITTA' DI CAVALLINO - TEATRO "IL DUCALE" Stagione teatrale 9 Dicembre 2017 -... Leggi tutto...
Finalmente online!
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Home I mille racconti I mille racconti Quaderno di traduzione 46. Les deux Marie
Quaderno di traduzione 46. Les deux Marie PDF Stampa E-mail
I mille racconti
Scritto da Gianluca Virgilio   
Giovedì 23 Luglio 2015 08:10

Traduzione di Annie e Walter Gamet

 

Au bord de la Via Luce, près d'un édifice abandonné et délabré, une ancienne usine de tabac aux murs envahis de lierre, se trouvait, grand comme un mouchoir, un bout de terre battue rouge d'à peine plus d'un mètre de large ; à l'angle droit formé par la jonction du terrain et du mur, il y poussait des touffes d'herbe. C'est sur ce terrain que nous, les gamins, jouions aux billes : cela consistait à rassembler un peu de terre en la poussant avec le bord de la chaussure utilisée comme grattoir, à en faire un monticule de trois centimètres de haut tout au plus, sur lequel nous posions les billes, deux ou trois chacun, même quatre, quand nous voulions braver le danger. Puis, à quelques mètres de distance, après avoir désigné celui qui devait tirer le premier, nous essayions de déloger les billes, chacun lançant la sienne dans l'ordre du tirage au sort. Étaient gagnées celles qui avaient été délogées. Le dernier à tirer avait peu de chances d'en récupérer, même celles qu'il avait mises en jeu, parce qu'à force de jouer, nous étions tous devenus peu ou prou des tireurs infaillibles.

Un tir était très apprécié, l'alto piombo : la bille qu'on lançait devait percuter les autres, sans toucher la terre, tombant aussi droit que le fil à plomb d'un maçon qui garantit l'exacte verticalité d'un mur ; il y avait aussi le tir de strisciu, pour lequel il était permis de nettoyer préalablement le terrain de jeux : la bille lancée à ras de terre, passant par-dessus les creux et les bosses, les fétus de paille, brindilles, cailloux, empêchements et obstacles inopinés, comme par miracle, touchait à peine tangentiellement la dernière bille d'un alignement sur la montagnette et par un effet domino provoquait la chute de toute la série. Et celui qui parvenait, en alliant les deux techniques, à toucher le bel alignement de billes de strisciu avec un tir alto piombo, laissait tout le monde bouche bée et suscitait les applaudissements de l'assistance.

J'habitais près de là, une maison louée par mes parents Via Mazzini, à l'angle de la Via Luce, en face du marbrier, notre fournisseur de staccia que nous prélevions en cachette parmi les chutes provenant du travail du marbre  pour nous en servir quand nous jouions avec les vignettes à l'effigie des footballeurs du moment, de leurs équipes et des champions, ces dernières valant double. En ce cas aussi, nous mettions en jeu quelques images, nous les fixions sur un petit tas de terre et, chacun à notre tour, à une distance convenue, nous tirions à staccia : morceau de marbre, ai-je dit, mais cela pouvait être aussi une autre sorte de pierre bien polie aux bords arrondis pour l'aérodynamisme et la maniabilité. Dans ce jeu, nous n'utilisions que des images que nous avions en double, car le but véritable de nos défis de gamins, c'était d'être le premier à remplir un album contenant toutes les équipes du championnat, de la Serie A à la Serie C.

Tout en jouant, nous devions prendre garde que ne surgissent des garçons plus grands que nous, dans un raid-surprise, de derrière le coin de la rue, pour faire catasca et nous voler nos billes ou nos vignettes posées à terre.

 

Comme nous n'avions pas l'eau potable à la maison, la Maria de lu* – l'astérisque remplace le nom du mari de cette femme, par lequel on avait l'habitude de l'appeler – transportait l'eau depuis la fontaine publique de la Porta Luce jusque chez nous, deux menze1 par jour qui passaient à quatre l'été par grande chaleur ; elle les portait, une dans chaque main, et l'été elle faisait deux voyages, pour quelques lires et un verre de vin. Elle arrivait avec sa charge d'eau, suant, soufflant, traînant ses savates sur le sol comme pour s'épargner la fatigue de les soulever. La Maria, je la revois et je l'entends encore faire claquer la langue contre le palais, dès qu'elle avait fini de boire le verre de vin que ma mère lui avait rempli à ras bord. Ce clappement était le signe qu'elle avait apprécié.

Quand ma mère m'appelait depuis la fenêtre de la petite salle à manger qui donnait sur la rue, je retournais à la maison, parfois avec quelques  vignettes ou billes en plus, le plus souvent après en avoir perdu beaucoup. Mon père allait bien m'offrir quelques lires pour en racheter chez la Maria Crossa, mais j'aurais à vaincre le sentiment de frayeur qui me prenait rien qu'à entendre prononcer ce nom.

La Maria Crossa était une grosse femme aux mouvements lents et rituels, elle restait assise dans un fauteuil au milieu d'une minuscule cahute située à un coin de la place principale, d'où elle contrôlait toute sa marchandise sans avoir besoin de se lever, faisant juste pivoter, comme un automate, son buste et ses bras dans le sens des aiguilles d'une montre ou inversement, selon l'emplacement sur les rayons de l'article demandé. N'ayant tout au long de l'année d'autre activité que de débiter sa marchandise aux enfants, billes, vignettes de footballeurs et, lors du carnaval, masques, confettis, trompettes et serpentins, cette femme devait être, selon toute probabilité, la plus pacifique du monde. Toutefois, l'opulence insolite de ses formes qui me faisait très peur, avait donné libre cours à mon imagination enfantine : je voyais en elle l'esprit incarné d'une sorcière, dépositaire du pouvoir de divertir les enfants avec ses marchandises récréatives, je n'en connaissais pas bien le prix, lequel était certainement beaucoup plus élevé que les quelques lires que nous lui donnions et qui ne pouvaient l'apaiser que provisoirement ; mais si je voulais jouer avec mes petits voisins, compléter l'album des vignettes de footballeurs ou bien trouver la bonne bille aux couleurs translucides qui m'assurerait quelques coups de maître sur le bout de terre battue de la Via Luce, alors je devais m'armer de courage et me rendre chez la Maria Crossa, comptant sur le pouvoir persuasif des quelques sous de mon père qui me tiendraient à l'abri de tout envoûtement, au moins le temps suffisant pour que je disparaisse de sa vue.

Ce n'était pas si facile, comme vous allez le constater : allais-je avoir assez d'argent pour payer ce que je demandais – en fait je connaissais le prix des billes et des pochettes de footballeurs, mais qui m'assurait qu'entre-temps, c'est-à-dire depuis la dernière fois que je m'étais rendu chez la Maria Crossa, ces prix n'avaient pas augmenté comme ceux des emplettes quotidiennes dont j'entendais souvent ma mère se plaindre ? Et quelle punition subirais-je, si ma demande dépassait mes moyens financiers ? Aurais-je assez de présence d'esprit pour la reformuler, en calculant rapidement combien de billes ou d'images je pouvais avoir avec les sous que mon père m'avait donnés ?

La Maria Crossa, après avoir fait pivoter son gros corps, arrangeait au mieux son châle de laine sur ses larges épaules rebondies et me donnait ce que je demandais, sans mot dire, à plus forte raison sans sourire, dans un silence chargé d'inimaginables sous-entendus, comme pour me signifier : « cette fois encore tu as apporté les sous, cette fois encore tu t'en sors bien, mais un jour... » Je payais en tremblant secrètement, dans l'espoir que jamais la Maria n'aurait quoi que ce soit à objecter, que jamais elle ne romprait son silence lourd de menaces et je m'en allais le plus vite possible comme un voleur qui, après son larcin, se sauve à toutes jambes dans l'espoir de s'en tirer.

Quand je rentrais à la maison, la Maria de lu* était souvent sur le point de partir. Elle m'adressait un compliment distrait du genre : « che bellu piccinnu, comu sta crisce bene2 », etc. Puis, s'armant de courage, elle tendait son verre vide à ma mère et lui demandait de le remplir à nouveau parce qu'elle avait soif. Ma mère, compatissante, ne le lui remplissait qu'à moitié, tout en lui disant qu'elle avait bu assez pour étancher la soif et que boire trop de vin nuisait à la santé. À force de porter de l'eau à de nombreuses familles du voisinage, dans quel état serait-elle le soir ?

« Portu acqua e bivu vinu. L'acqua dè alle spaddhre3 » répétait la Maria, parce qu'elle ne trouvait pas juste qu'une porteuse d'eau bût l'eau pour le transport de laquelle elle était payée ; d'ailleurs, l'eau ne lui faisait que du mal, puisque les pauvres, privés de toute possibilité de se reposer le dos quand il pleut, attrapent des rhumatismes. C'est ainsi qu'avec l'ironie dont elle était capable, elle supportait la fatigue et qu'elle étanchait sa soif inextinguible. Puis elle prenait congé, remerciait ma mère et la priait de faire encore appel à elle, pour sûr que le lendemain aussi elle irait chercher l'eau à la fontaine ; elle s'en allait à pas lents, traînant ses savates sur le sol, comme si elle portait encore le poids des menze, tandis que ma mère marmonnait des paroles de réprobation entre ses dents, ne se résignant pas à l'idée que les quelques lires qu'elle lui avait données en échange du service rendu finissent dans la caisse de la putèa de mieru4 la plus proche.

 

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1 - Menza : grand récipient traditionnel en forme de cruche à deux anses, dans les temps anciens en poterie, puis en cuivre étamé, pouvant contenir une vingtaine de litres. La menza servait à transporter l'eau à l'époque où il n'existait pas encore d'adduction d'eau potable à domicile.

2 - Che bellu piccinnu, comu sta crisce bene : quel beau petit garçon, comme il grandit bien.

3 - Portu acqua e bivu vinu. L'acqua dè alle spaddhre : Je porte de l'eau et je bois du vin. L'eau donne mal au dos.

4 - Putèa de mieru : bistrot, estaminet, débit de boissons populaire.


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