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Si ricomincia...
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Programma aggiornato di marzo e ordine del giorno della prossima assemblea
A causa dell'assenza di soci e membri del Consiglio Direttivo nella data precedentemente indicata, l'Assemblea dei soci programmata per il 1° marzo è stata rimandata a giovedì 7 marzo alle ore 18,... Leggi tutto...
"La signora dello zoo di Varsavia" al cineforum dell'Università Popolare
La scelta di riservare il primo lunedì di ogni mese al nostro cineforum ci permette di cominciare il 2019 con La signora dello zoo di Varsavia: la scelta di Roberta Lisi, alla quale dobbiamo il... Leggi tutto...
Programma gennaio 2019
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Stagione teatrale a Lecce
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Stagione teatrale a Cavallino
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Finalmente online!
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Home I mille racconti I mille racconti Quaderno di traduzione 50. Un grain de poivre et trois dés à coudre
Quaderno di traduzione 50. Un grain de poivre et trois dés à coudre PDF Stampa E-mail
I mille racconti
Scritto da Gianluca Virgilio   
Martedì 17 Novembre 2015 08:20

Traduzione di Annie e Walter Gamet

 

Et l'expérience de cette extrême rapidité de l'échange où, à force de donner et de recevoir, l'un n'en finissait pas moins par se retrouver les poches pleines et l'autre les poches vides, je la fis moi-même l'après-midi d'un premier jour de fête, quand la curiosité de mes treize ans me conduisit devant la petite table d'un monsieur sympathique ; c'était l'un de tous ceux qui voyageaient dans le sillage de la caravane ou qui, comme des mouches, étaient attirés ces jours-là en ville par ce qu'on appelle l'excrément du diable – d'où, disait mon père à propos de la maison, la nécessité de redoubler de vigilance pendant cette période ; dans un premier temps sans exiger de mise, puis en me conseillant de miser une petite somme – je n'avais de toute façon que les trois mille lires censées suffire pour les trois jours, mille par jour d'après la division suggérée par mon père au moment où je quittais la maison – le monsieur me persuada de suivre un grain de poivre noir sous trois dés, comme ceux que ma mère mettait au majeur de la main droite quand elle raccommodait une chaussette. Être capable de dire où se trouvait le grain de poivre noir me semblait d'une simplicité enfantine, il suffisait de ne pas le perdre de vue quand le prestidigitateur de ses mains habiles le déplaçait sous les trois dés posés sur le plateau de la petite table, d'abord lentement, puis de plus en plus vite, pendant que tout autour de moi d'autres personnes essayaient de deviner et engageaient des sommes bien plus importantes que moi. Pour savoir si le grain de poivre noir était si facile à trouver, il ne me fallut que quelques minutes, juste le temps de perdre les trois mille lires qui devaient me suffire pour les trois jours de fête : la veille de la Saint-Pierre, la Saint-Pierre et la Saint-Paul.

Je vous laisse imaginer l'état dans lequel devait se trouver un gamin de cet âge, qui jour après jour, juché sur sa bicyclette, avait assisté à l'installation des attractions, avait savouré à l'avance le plaisir de monter sur les aéroplanes ou dans les autos tamponneuses et qui désormais savait qu'il ne pourrait plus participer à la fête, et tout cela par sa propre faute et son manque de prudence, sans aucune excuse parce que son père et sa mère lui avaient redit tant et plus de se tenir à l'écart des individus suspects qui pourraient lui prendre son argent, etc. ; je vous laisse imaginer son angoisse à la seule pensée de rencontrer ses camarades et de devoir leur expliquer pourquoi il n'avait plus une lire en poche, lesquels se moqueraient de sa stupidité dès qu'il leur raconterait ce qu'il lui était arrivé ; il n'aurait plus qu'à retourner chez lui et ne plus sortir pour le restant des jours de fête. Mais dans ce cas aussi, il lui faudrait s'expliquer devant ses parents à qui il avait désobéi, puisque, en quittant la maison, il avait mis dans son portefeuille les trois billets de mille lires, alors que son père lui avait recommandé de n'emporter que mille lires par jour pour ne pas les perdre ou succomber à la tentation de dépenser les trois mille dès le premier jour.

Je ne me rappelle plus très bien, mais je crois être retourné à la maison et avoir tout avoué à mon père qui, compréhensif, me redonna de l'argent, me sauvant du désespoir, mais pas du remords d'avoir été un jeune étourdi.

En définitive, l'attente de la grande fête se remarquait à la grande excitation de tous les habitants, et en particulier des enfants, qui participaient à cette mobilisation générale et assistaient à l'accueil de tant de gens et d'activités dans la ville. Le matin du premier jour de fête allaient arriver les marchands ambulants de toute la province, du Cap de Leuca comme des communes situées au nord de Lecce : merciers, vendeurs de tissus, de poteries de Cutrofiano, d'oiseaux, de babioles de toutes sortes, vendeuses de cucceddhre pe lu tabaccu1, fabricants de barbe à papa, de pâte d'amande prêts à réapprovisionner les amateurs de copeta2 encore chaude, gitans demandant l'aumône, nocellari3 qui, à l'occasion de la fête, s'improvisaient aussi marchands de schipece4 de Gallipoli qu'ils recouvraient d'un voile blanc pour les protéger des mouches, bonimenteurs qui faisaient tournoyer leurs assiettes en l'air avant d'en démontrer la solidité à toute l'assistance en les cognant contre une plaque d'aluminium, vendeurs de ballons, diseuses de bonne aventure, fisculari5, etc., c'était toute une humanité variée qui envahissait les rues du centre-ville dès les premières heures de la matinée, comme pour remplir l'arrière-plan d'un tableau au centre duquel devaient figurer... les dernières tarentulées de la Terre d'Otrante.

 

 

1- cuceddhre pe lu tabaccu : grandes aiguilles en fer servant à enfiler les feuilles de tabac avant de les faire sécher au soleil dans les taraletti (voir la note du chapitre La saison des pluies).

2- copeta : confiserie croquante composée d'amandes caramélisées.

3- nocellari : vendeurs de fruits secs (cacahuètes, noisettes, amandes...).

4- scapece ou schipece : friture de petits poissons au safran.

5- fisculari : vendeurs de fisculi, c'est à dire de « scourtins », filtres en fibre de coco tressée, utilisés autrefois dans les pressoirs à huile d'olive. Les fisculari vendaient aussi des paniers d'osier servant à transporter les fruits et légumes.


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